Nouvelle spé : start-upper #73

Profession : médecins start-uppers

 

Ces nouveaux profils hybrides entament leur révolution e-santé

 

1/ Bfordoc https://www.branchetstore.fr/store/editeurs/bfordoc

Lancée il y a un an, Bfordoc est la 1ère plateforme digitale de mise en relation patient-médecin avant une consultation. Co-fondée par les docteurs Yannick Breton, anesthésiste-réanimateur et Julien Pallaro, chirurgien orthopédiste, « Bfordoc permet d’optimiser la consultation, le temps du patient, le temps médical et d’anticiper si besoin le planning opératoire. Cette solution contribue aussi à la diminution des risques grâce à l’accès aux examens médicaux enregistrés sur la plateforme. », explique le dr Pallaro.

Mais passer de chirurgien à start-upper ne s’est pas fait en un jour nous confie le dr Pallaro : « C’est de notre expertise métier qu’est née l’idée de Bfordoc mais retourner sur les bancs de la FAC pour prendre des cours toutes les semaines avec l’UNITEC Bordeaux, que je remercie, c’est autre chose. J’ai appris un nouveau métier. Le bilan est plutôt satisfaisant : nous avons réalisé notre 1ère levée de fond il y a un an et embauché nos premiers salariés. »

 

Au total, 20 actionnaires tous médecins ont rejoint l’aventure qui a déjà séduit plus de 2500 patients.

BforDoc a été sélectionnée par Branchet Store pour rejoindre son catalogue e-santé, « cela nous paraît évident de faire partie du Store dans la mesure où Branchet est un assureur majoritaire dans notre profession » confirme le dr Pallaro.

Sur la médecine de demain, le dr Pallaro reste optimiste : « il y aura toujours un lien physique irremplaçable médecin-malade. En revanche, les outils digitaux nous permettent d’optimiser cette relation et paradoxalement de la rendre plus humaine ».

 

2/ Digikare https://www.branchetstore.fr/store/editeurs/digikare

 Plateforme de données pour la valorisation et l’amélioration des programmes de soins de la chirurgie orthopédique, Orthense by Digikare mesure les progrès dans la vie réelle, prolonge le discours médical, augmente l’excellence perçue des soins, responsabilise le patient et matérialise sa compréhension.

La prise en charge du patient est en effet numérisée et un catalogue de protocoles « prêts à l’emploi » est à sa disposition. Véritable enquêteur médical adapté à chaque pathologie, Orthense permet ainsi non seulement d’anticiper les évènements indésirables mais apporte également un véritable suivi du patient, grâce notamment à une fonction de télésurveillance.

La société DIGIKARE a une ambition : augmenter l’efficacité de la chirurgie en dopant la prise en charge du patient grâce à des données récoltées dans la vie réelle.

Eligible à l’IRM, Branchet Store propose 2 mois d’abonnement offerts.

 

3/ Moebius  https://www.branchetstore.fr/store/editeurs/sas-moebius

Désireux d’amener de la valeur ajoutée à la consultation pré-anesthésique, le logiciel Moebius a été créé par cinq anesthésistes libéraux pour homogénéiser, sécuriser et améliorer la prise en charge du patient et le rendre acteur de son parcours.

Moebius permet, par ailleurs de réaliser une cartographie des risques des patients pour adapter leur parcours de soin. Il fournit également un support d'information personnalisé pour les patients.

Moebius fonctionne sous la forme d'une API totalement en ligne et ne nécessite aucune action pour être mise à jour. Lorsque les recommandations se modifient, l'équipe de Moebius se charge d'adapter ses algorithmes aux nouvelles règles de bonnes pratiques.

 

Moebius a annoncé à la SFAR 2019 son partenariat avec la société « Bow Medical », éditrice du logiciel DIANE, un des leaders français de l’informatisation des blocs opératoires.

Dans le contexte actuel de développement de la chirurgie ambulatoire, réduisant au strict minimum le temps passé par le patient dans les établissements, ce logiciel est un outil puissant au service du patient et de l’efficience des soins.

 

4/ Maternys https://www.branchetstore.fr/store/applications/maternys

Créé par le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) et Persomed, le label Maternys est une plateforme d’information des femmes enceintes, pour les maternités, publiques ou privées. Depuis la rentrée 2019, une dizaine de maternités françaises bénéficient du label Maternys (contrôle de qualité) et une vingtaine sont en cours de labélisation (http://www.cngof.fr/label-du-cngof).

L’objectif est de mettre en valeur les maternités qui mettent la « bientraitance » au centre de leurs préoccupations.

 

Avec le label Maternys, les soignants proposent aux patientes de faire leurs retours sur une plateforme digitale.

Par exemple, trois jours après leur accouchement, puis à nouveau trois mois plus tard, afin d’avoir davantage de recul, un questionnaire est envoyé aux patientes pour évaluer leur degré de satisfaction.  Elles peuvent aussi découvrir sur cette plateforme des vidéos pédagogiques sur les différents stades de la grossesse, l’accouchement, le post-partum.

 

Adhérer à cette plateforme représente un engagement fort pour les établissements souhaitant véritablement améliorer la qualité des soins obstétriques. Branchet est le partenaire privilégié du label Maternys délivré par le CNGOF et il ouvre pour les gynéco-obs accrédités et labellisés une réduction de 5% sur leur RCP.

*Quelques maternités déjà labellisées Maternys :

 CH4V (92), Centre Hospitalier du Belvédère (76), Centre Hospitalier COMPIÈGNE-NOYON  (60), Centre Hospitalier de Vichy (03), Clinique Mathilde (76), Centre Hospitalier de Fougères (35), Centre Hospitalier Sambre Avesnois (59)

5/ Docndoc www.docndoc.fr

Face à la difficulté croissante de trouver des médecins remplaçants et d'organiser des remplacements, le Dr Pascale Karila-Cohen, radiologue de métier, a eu l'idée de lancer le site Docndoc qui permet de faciliter les échanges de remplacements médicaux en mettant directement en relation les médecins entre eux partout en France.

"Le site concerne les médecins inscrits à l'Ordre national afin que les échanges se fassent en toute responsabilité, simplicité et confraternité. Docndoc répond à une demande forte de la part de ces professionnels au temps précieux, en réinventant la gestion des remplacements", précise la fondatrice.

Docndoc a développé un système de matching (correspondance) unique, qui incite puis récompense les remplaçants par un accompagnement professionnel et des expériences personnelles uniques. Docndoc sécurise aussi bien les libéraux que les établissements de santé publique et privés grâce un dashboard (tableau de bord) et une suite d'Intelligence Artificielle propriétaires qui rend la recherche de recrutement simple et efficace, à un coût maîtrisé.

 

Sur la gestion de cette double carrière, le dr Karila-Cohen nous répond : « J’ai réussi à créer un bel équilibre entre mes deux activités. Ma carrière de médecin est déjà bien installée. Étant hospitalière, j’ai l’occasion de tester et d’optimiser mon site avec mes internes, au quotidien. L'hôpital est devenu un vrai healthlab. ».

Sur la médecine de demain, la cheffe d’entreprise nous livre une vision optimiste : « la médecine de demain sera outillée avec un juste partage entre l'humain et les objets connectés. L'humain pourra vraiment être au service de l'humain, en s'amendant des tâches répétitives et administratives grâce à la médecine connectée. Là encore un bel équilibre ! ».

 

 

Avec les jeunes médecins, la relève est assurée, zoom sur deux start-ups lancées par des internes, futurs candidats pour Branchet Store ?

 

6/ Intelligence Anesthesia www.ianesthesie.com

Fondée par le dr Yassine Moussali, 33 ans, anesthésiste-réanimateur, encore interne il y a 6 mois, Intelligence Anesthesia a pour objectif d’améliorer la consultation d’anesthésie pour « éviter les mauvaises surprises le jour de l’intervention ». Comme le souligne le dr Moussali, « sur une moyenne de 10-15 minutes de consultation, on passe plus de temps à faire du secrétariat qu’à se concentrer sur l’humain, des questions plus spécifiques ou la réduction de l’anxiété ». Deux supports logistiques sont en cours de développement : tout d’abord, une application pour le patient sur laquelle il va pouvoir s’informer sur l’anesthésie grâce à des vidéos explicatives etc., et des bornes de pré-évaluation comme dans les aéroports qui seront dans les hôpitaux et les cliniques pour permettre au patient de répondre à un questionnaire standardisé, et selon les résultats, de l’orienter vers d’autres examens avant la consultation.

 

Explication du jeune médecin : « L’exemple typique, c’est une femme enceinte qui voit l’anesthésiste et a 9 d’hémoglobine sur son dernier bilan. Au lieu d’attendre le jour de la consultation, elle aura rempli en amont un questionnaire et scanné ses derniers examens via une borne, pour l’orienter vers un circuit de transfusion etc. ».

 

D’autres supports sont envisagés comme des quizz de compréhension afin de s’assurer que le patient a bien reçu et compris l’information. Intelligence Anesthesia est en « work in progress » et réalise des études en partenariat avec l’hôpital Cochin et l’hôpital privé Claude Galien.

Sur sa vision de la médecine de demain, le dr Moussali nous répond : « Nous aurons des outils plus performants, plus adaptés, plus ergonomiques qui vont nous faire gagner du temps et nous permettre de nous concentrer sur le patient ».

 

7/ E-Cono www.e-cono.fr

Elio Disegni est un interne de 27 ans destiné à une carrière de chirurgien orthopédiste. Il y a un an, il a décidé de se lancer en créant E-Cono, la 1ère application mobile permettant d'intégrer les photos de patients dans le dossier médical via un serveur sécurisé, évitant ainsi de stocker des images sur son téléphone personnel.

« Dès le début de mon internat on a été beaucoup sollicité pour surveiller les plaies des patients et donner des avis. Je me suis rendu compte que beaucoup d’internes et de médecins prennent des photos depuis leur téléphone personnel donc le suivi était parfois compliqué parce qu’il fallait savoir qui avait pris la photo initialement. Avec le RGPD, il fallait trouver une solution pour pouvoir stocker des images et les échanger avec des confrères sans que cela ne pose de problème de traçabilité et de confidentialité », explique Elio Disegni.

Elio a contacté un développeur, devenu depuis son associé, pour développer une version BETA testée par ses co-internes et chefs.

A la question sur la gestion de cette double carrière médecin/start-upper, Elio reste humble : « C’est difficile, je ne suis pas encore médecin et j’ai encore beaucoup de choses à apprendre mais cela ne m’empêche pas de me lancer dans des projets auxquels je crois et d’apporter une expertise grâce aux nouvelles technologies pour mieux appréhender la médecine et le parcours des patients. »

 

Sur la médecine de demain, le futur médecin répond franchement : « elle est déjà arrivée, on voit de plus en plus d’applications e-santé, il y a une délégation au ministère de la santé dans le numérique, on voit un boum de jeunes médecins et d’ingénieurs qui se lancent. Mon conseil pour ne pas louper le train : rester connecté ».

*Prévenir plutôt que guérir : La Révolution de la E-santé ; Alexis Normand, ed. Eyrolles, 2017 https://www.eyrolles.com/Sciences/Livre/prevenir-plutot-que-guerir-la-revolution-de-la-e-sante-9782212674156/